Jean-Pierre PICQUE (1746-1835)
un député Haut-Pyrénéen à la Convention Nationale

 

Pièces annexes

 

 1- Sur la nécessité de conserver nos relations commerciales avec l'Espagne

Extrait :

"Cet accord des deux nations fait, n'en doutons pas, le désespoir de nos ennemis ; il répond assez aux espérances des émigrés, aussi méprisés là qu'ailleurs, et surtout aux menaces ridicules des prêtres insermentés en guerre ouverte avec le clergé qui lui a tendu les bras. Eh ! comment l'Espagnol serait-il l'ennemi d'un gouvernement qui a détruit en sa faveur le régime prohibitif qui tendait à l'éloigner de nos places de commerce ? Attiré par le voisinage, la commodité et l'agrément de voir réunis dans nos marchés des assortiments complets de toutes marchandises de son goût et de son usage, il y verse les trésors de l'Amérique. Plusieurs de ces denrées ou marchandises ne se trouvant pas en Espagne, où y étant prohibées, les Espagnols s'arrangent pour les recevoir par échange dans les défilés de montagne. Toute autre considération à part, l'État ne doit-il pas encourager un trafic interlope, dans lequel l'acheteur espagnol ayant de son côté un véritable intérêt à nous porter des matières d'or et d'argent, dont il tire un plus grand profit que chez lui, préfère réellement cette manière de solder ses achats ou échanges ? Ils eussent pu, avec moins de méfiance, plus d'encouragements d'activité et d'intelligence dans ses administrations, diminuer la disette du numéraire dans les départements méridionaux. On ne saurait trop le dire à nos politiques à vue étroite, tous ces départements ont un besoin indispensable de conserver la bonne intelligence avec l'Espagne, soit pour la vente des bestiaux, celle des ouvrages grossiers de lainerie, de toiles, de viandes salées, etc. Cet intérêt sera plus vivement senti, si l'on fait attention qu'il n'existe aucun autre débouché qui puisse fournir à la plus grande partie de ces contrées les moyens de vendre leur superflu. Personne n'ignore que le sol fécond des départements de l'Ariège, du Gers, des Hautes et Basses Pyrénées, appellerait une meilleure culture s'il pouvait s'établir des communications avec les différents points de la République. Placés à une extrémité isolée, dans le dénuement même du luxe destructeur de la paresse et de l'oisiveté, les relations commerciales avec l'Espagne peuvent seules les dédommager des inconvénients de leur situation et l'on voudrait les détruire !Tandis que toutes les nations de l'Europe s'empressent de participer par la voie de Cadix au commerce de l'Espagne, Bayonne seule à l'autre extrémité, plus heureusement placée que Dunkerque et Marseille, offre aux Espagnols les mêmes objets. Les seuls articles du détail et de débit journalier sont immenses ; ils ont lieu à travers les gorges qui conduisent de Bayonne en Aragon et Navarre, par des chemins plus courts que ceux qui mènent de Saint-Sébastien vers les mêmes lieux."

 

2 - Motion d'ordre pour substituer la détention et le bannissement à la peine de mort hors le cas de haute trahison

 

 

PROJET DE DECRET

 

Article Premier

 

La détention et le bannissement seront substitués à la peine de mort, hors les cas de haute trahison.
II
Le bannissement et la détention auront lieu pour un temps, ou pour la vie, suivant la nature du délit.
III
Le comité de législation présentera un projet de décret d'après lequel distinguant l'erreur des crimes occasionnés par la révolution, la Convention s'interdira à elle et aux tribunaux toute poursuite pour tous les cas prévus par la Loi qui interviendra.
IV
Les crimes de haute trahison seront déterminés de la manière la plus précise et qui laisse le moins à l'arbitraire.
V
La question de la confiscation des biens sera envisagée saous différents rapports; il peut y avoir des cas où l'on prononcera la confiscation totale, d'autres où l'on ne dépouillera le banni ou sa famille d'une partie des biens, d'autres enfin, où l'on les lui laissera en entier.
VI
La République ne voulant conserver dans son sein que ceux qui aiment son gouvernement, il est libre à tout habitant de la quitter en prévenant la municipalité dans laquelle il réside : celle-ci est autorisée à délivrer les passe-ports nécessaires jusqu'aux frontières.
VII
Les Comités réunis présenteront une instruction pour mettre en action et réduire en pratique usuelle et familière les loix qui consacrent la fraternité, l'amitié, l'égalité.

 

3 - Opinions sur les fêtes décadaires

 

PROJET DE DECRET

 Article Premier 

Le décadi est spécialement consacré à la réunion des différentes sections de la République.
II
Tous les citoyens s'assembleront au chef-lieu de la commune, dans les colysées, les basiliques ou les temples qui seront construits et, en attendant, dans les maisons communes, dans la belle saison, en plein air, sur les côteaux, amphithéâtres naturels, ou sous des feuillées.
III
Les vieillards, la jeunesse et les blessés au service de la patrie auront seuls des places distinguées.
IV
Les démonstrations extérieures et symboliques qui font partie des usages de la police et du culte national, se réduiront à reconnaitre l'Etre Suprême, sans intermédiaire entre l'homme et la Divinité. Un membre des autorités constituées fera une courte analyse des décrets parvenus dans le cours de la décade, elle sera suivie d'une instruction précise et familière sur les devoirs du républicain et sur quelqu'objet d'agriculture et des arts.
V
Les mariages et les divorces, l'adoption, l'inscription civique de la jeunesse et des filles nubiles, la présentation des candidats, se feront le décadi en présence du peuple. Ce même jour les artistes présenteront les chefs-d'œuvres des arts.
VI

Les hymnes qui seront chantés rappelleront le sentiment de la Liberté et de l'Egalité, la haine des tyrans, la piété filiale, le respect dû à la vieillesse, l'hospitalité. On composera un rituel républicain.

VII
Il y aura des fêtes locales qui rappelleront les événements principaux arrivés dans chaque commune, les traits de vertu, d'humanité, de courage, qui en auront distingué les habitants. Les communes voisines pourront se réunir pour les célébrer et pour fraterniser de la manière qui leur paraîtra convenable. Les vieillards distribueront des éloges et des prix.
VIII
Il y aura des fêtes quinquennales qui rappelleront les principaux événements de la révolution.
IX
Tous les dix ans il y aura à Paris une assemblée générale composée d'un citoyen de chaque commune de la République convoquée d'après un décret du corps législatif.
X
La loi remet au peuple assemblé l'observation du petit nombre de cérémonies qui accompagnent le culte naturel et la police simple qui doit régner dans les fêtes décadaires le soin de les embellir d'une manière convenable, elles finiront avant la nuit.
XI
Il y aura dans chaque commune une place ou champ de Mars pour les évolutions militaires et pour y exercer la jeunesse à la gymnastique d'après les réglements particuliers.
XII
Il y aura chaque année quatre grandes revues militaires, tout Français sera tenu de s'y présenter avec son fourniment complet et d'y exécuter les manœuvres militaires. Les vieillards décerneront des éloges et des prix.
XIII
Le dernier décadi de chaque année, il y aura une censure générale exercée par la réunion des vieillards de chaque commune. Cette censure sera organisée de manière à écarter l'ivrognerie, la crapule et les autres vices de la société, sans nuire à la liberté que chacun doit avoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

 

DE L'IMPRIMERIE NATIONALE

Nivôse, l'an III

 

4 - Plaidoyer pour Louis Seize

 

PLEDOYER

 CONVANTION NATIONAL,

 

20 décembre 1792

 

Extrait :

 

"Je ne some pas zorateur comme le payezan du Danuble, que le bon home la Fontaine a tant vanté dans joly fable que j'aimons mieux que lés sermons de notre curé; mais puiscequ'il a été zantendu danz le séna de Rome, je devonz étre ausy zécouté danz le séna de la France."
 Les originaux de ces textes imprimés sont à la

Bibliothèque Historique de la ville de Paris

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